LES QUALITÉS D'UN DIACRE

Être rempli de l'Esprit-Saint pour servir aux tables.

Actes 6.1-6
« En ce temps-là. Le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes murmurèrent contre les hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait chaque jour. Les douze convoquèrent la multitude des disciples et dirent : il n'est pas convenable que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables. C'est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l'on rende un bon témoignage, qui soient pleins d'Esprit-Saint et de sagesse, et que nous chargerons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous appliquer à la prière et au ministère de la parole. Cette proposition plut à toute l'assemblée. Ils élurent Étienne, homme plein de foi et d'Esprit-Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d'Antioche. Ils les présentèrent aux apôtres, qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains. »

Actes 7.54-59
« En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leur cœur, et ils grinçaient des dents contre lui. Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul. Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis, s'étant mis à genoux, il s'écria d'une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et après ces paroles, il s'endormit. »
Que Dieu soit béni pour sa bonne et précieuse Parole. Elle est nourrissante. Elle est pain de vie.

J'aimerais m'entretenir avec vous d'un garçon qui est là, dans l'Écriture, et qui s'appelle Étienne. Son nom signifie « couronne ». Nous verrons que son nom était prédestiné puisqu'à la fin de sa vie terrestre, il va être couronné non pas pour un temps, mais pour l'éternité.
Il y a eu dans l'Église primitive des problèmes d'ordre matériel, comme nous venons de le lire : des problèmes de distribution. Les Hellénistes étaient considérés si l'on peut dire comme « quantité négligeable », leurs veuves étaient un peu méprisées (« négligées », dans le texte). Les Hellénistes étaient des Juifs de la diaspora, revenus de Grèce sans que nous sachions, dans notre texte, pour quelles raisons ils étaient revenus, mais ils se sont convertis et se retrouvent dans l'Église primitive.
Les apôtres ont considéré qu'il fallait mettre fin à ce problème et, au lieu de continuer à servir eux-mêmes aux tables, ils ont décidé que ce n'était pas là leur rôle. Ils le faisaient, bien-sûr, mais ils n'étaient pas appelés à cela. Ils ont donc élu sept hommes, dont Étienne.
Il a servi aux tables, comme diacre, bien qu'il ait dépassé le cadre de ses fonctions premières pour le Seigneur pour devenir un puissant prédicateur de l'évangile, gagnant des âmes, accomplissant par la grâce de Dieu et la puissance du Saint-Esprit, des miracles et des prodiges.
Mais avant d'entrer dans ce service que l'on peut considérer comme ministère car c'est le terme employé dans ce texte de la Parole de Dieu, considérons ce qu'il s'est passé, ce qui était demandé à ces hommes, notamment à Étienne.

Un bon témoignage.
Les apôtres ont dit : « choisissez parmi vous sept hommes de qui l'on rende un bon témoignage». Sept hommes qui ont un bon témoignage. Avant de servir Dieu, avant de servir aux tables, de servir la soupe, il fallait qu'on rende d'eux un bon témoignage à l'extérieur de l'église. Il fallait donc qu'ils aient une bonne réputation et une totale intégrité. Avant d'être diacres, on attendait d'eux qu'ils soient droits, honnêtes et fidèles en toute chose et fidèle au Seigneur d'abord. Les apôtres ne pouvaient pas concevoir que l'on puisse servir Dieu dans l'église et que l'on puisse vivre n'importe comment ailleurs. Il fallait être conséquent dans la conception de la vie, être les mêmes dans comme hors de l'église.
Pendant des années nous avions, mon épouse et moi-même, à notre assemblée à Lausanne, des missionnaires américains. Ces hommes avaient d'abord été des pasteurs des Assemblées de Dieu américaines : ils avaient conduit des églises, des stagiaires avant de manifester le désir d'aller servir en Afrique. Kenneth Ware m'a confié qu'avant de les envoyer, on enquêtait à leur sujet dans leur ville, une enquête morale pour déterminer s'ils avaient une bonne conduite. Mais aussi une enquête d'ordre psychologique pour vérifier leur stabilité émotionnelle et mentale. Car les Assemblées, et le gouvernement également, ne voulaient pas envoyer des ambassadeurs « tordus », d'une manière ou d'une autre, dans un pays étranger puisque ces missionnaires allaient représenter les Assemblés, mais également les États-Unis. Il fallait donc les trier sur le volet. Un bon témoignage était indispensable.
Cela vaut également pour nous. Un bon témoignage, à l'intérieur de l'église, c'est évident, mais également à l'extérieur. Il ne faudrait pas, et vous m'excuserez de l'image, que le chrétien qui veut servir Dieu soit à la fois M. Hyde et Dr Jekyll. C'est à dire, un ange à l'église et un démon dehors. Un homme, une femme qui veut servir le Seigneur, doit servir au milieu de ses frères et sœurs, mais également à l'extérieur, quel que soit le service que le Seigneur lui ait demandé de réaliser.

Rempli du Saint-Esprit.
On demande également à ces sept hommes d'être remplis du Saint-Esprit.
Est-il nécessaire d'être rempli du Saint-Esprit pour servir aux tables, la soupe ?! Eh bien pour un travail, dirons-nous matériel comme celui-ci, il fallait, effectivement, qu'ils soient remplis du Saint-Esprit.
Êtes-vous rempli du Saint-Esprit ? Je pose cette question pour que vous vous la posiez. Et est-il nécessaire d'être rempli du Saint-Esprit pour balayer, jouer de la musique, distribuer la sainte Cène ? À cette question, je réponds oui, et mille fois oui. Je dis cela, car on a souvent pensé qu'on pouvait se contenter, pour certains services, des capacités humaines, naturelles, d'un savoir-faire acquis à l'école, l'université ou autre. À cela, je réponds donc que c'est faux car l’œuvre de Dieu est précieuse. C'est en effet l’œuvre la plus précieuse au monde. Elle est précieuse, importante, mais aussi délicate, comme la colombe qui est l'image du Saint-Esprit. La colombe est un oiseau doux, discret, agréable à entendre et beau, mais il suffit de taper dans les mains pour qu'elle s'envole. Elle s'effarouche facilement. Ainsi est l’œuvre de Dieu. On ne peut donc faire n'importe quoi ni se contenter de savoir-faire humains pour accomplir l’œuvre de Dieu. Bien entendu, ces capacités humaines ne sont pas à négliger, mais ce n'est pas avec cela qu'on fait l’œuvre de Dieu, sinon par l’œuvre, l'action, la volonté du Saint-Esprit. Et ce, même pour balayer ou chanter à l'église. Pourquoi ? Pour le faire avec la joie du Saint-Esprit. Non pas en maugréant, gémissant ce qui ne serait utile à personne . Imaginez que le pasteur accomplisse sa tâche dans cet état d'esprit, en gémissant parce qu'il trouve cela difficile, ardu. Ça ne serait utile à personne. Il en va de même pour les diacres. Je dis souvent :« si tu le fais malgré toi, ne le fais pas ». Il vaut mieux rester à sa place, plutôt que de maugréer, de gémir, ce qui voudrait dire qu'on se révolte contre le service que Dieu nous demande. Il vaut mieux parfois s'abstenir.
L’œuvre de Dieu est précieuse et importante, elle ne peut donc être confiée à une intelligence humaine. Dans la première épître aux Corinthiens, l'homme naturel (ou « animal », « psychique ») dit Paul, n'accepte pas les choses de Dieu . Elles ne montent pas de son for intérieur, il ne les accepte pas. D'ailleurs l'apôtre va jusqu'à dire que les choses de Dieu sont une folie : que Jésus meurt sur la croix pour un homme naturel est une folie ! En effet, un mort ne peut pas sauver les autres. Comment pourrait-il sauver quelqu'un s'il n'a pu se sauver lui-même ? C'est une folie qu'un tel raisonnement. Oui, mais la folie de Dieu est plus sage que celle des hommes et la sagesse des hommes est une folie pour Dieu puisque leur sagesse les a poussés à crucifier le Seigneur de gloire.
Il ne s'agit pas de s'appuyer sur son intelligence, sa sagesse, même si ces deux choses nous sont utiles pour les affaires quotidiennes, matérielles. Mais dans le domaine spirituel, dans le service pour Dieu, il faut avant toute chose être rempli du Saint-Esprit. C'est une condition sine qua none. Pour le faire avec la direction du Saint-Esprit, avec la joie que donne le Saint-Esprit, avec le sentiment qu'il donne que l'on sert non pas l'église, mais Jésus (tout en servant l'église !). Tout ce que vous faites, faites-le pour le Seigneur , car le Seigneur s'est abaissé jusqu'au rang de serviteur , terme que l'on pourrait aussi traduire par « esclave ».
Rempli du Saint-Esprit. Êtes-vous rempli du Saint-Esprit ? Soyez tous les jours remplis du Saint-Esprit. Quoi que vous fassiez, soyez d'abord remplis du Saint-Esprit.

Rempli de sagesse.
Et puis Étienne était « remplis de sagesse », de bon sens. Que ce soit pour servir aux tables ou annoncer l'évangile, Étienne a toujours fait preuve d'une grande sagesse. Bien entendu, ce n'était pas la sienne : il savait se tenir devant Dieu pour la recevoir de Lui.

Il y a d'un côté la sagesse humaine, et de l'autre la sagesse de Dieu, le don de sagesse. Dans Proverbes 3.5, nous lisons ce conseil « Confie-toi en l'Éternel de tout ton cœur, et ne t'appuie pas sur ta sagesse. ». Ou bien on s'appuie sur sa propre sagesse ou bien on se confie en l'Éternel. C'est l'un ou l'autre. Moi, je préfère ce que dit l'apôtre : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » Le seul impératif donné est « de demander avec foi, sans douter, car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d'autre. »
Si quelqu'un manque de bon sens, qu'il demande la sagesse à Dieu, avec foi. En outre, la sagesse a pour but de croître. Au sujet de Jésus, enfant, la Parole nous dit qu'il croissait en sagesse . Nous aussi, nous avons besoin de l'augmenter dans notre vie car nous ne l'avons pas de manière définitive et nous avons besoin que Dieu nous dirige, nous conduise, nous arrête, nous pousse, etc. Le bon sens qui vient d'en haut.
La sagesse augmente, mais augmente avec le temps. Dans l'épître aux Hébreux, il nous est dit que l'expérience donne un jugement . On ne peut avoir un jugement sain et équilibré qu'avec l'expérience qui, elle-même, a besoin de temps, d'efforts, de souffrances, de consécration, de sacrifices. C'est à cela que nous sommes appelés si nous voulons croître, grandir dans les choses de Dieu.
Jésus pour nous sauver à souffert à la croix. Il ne s'est assis à la droite de Dieu qu'après avoir connu Gethsémané. Le berger sera frappé et les brebis seront dispersées . C'est ce qui est arrivé à Jésus. Mais tout cela était le plan de Dieu, la volonté de Dieu : Jésus devait passer par-là pour arriver au but, le salut des pécheurs. Nous, de même, ne pouvons passer à côté, réussir dans l’œuvre de Dieu, parvenir à ce que Dieu a préparé pour nous en évitant les aléas, les difficultés, en étant épargnés.
Nous disions que l’œuvre de Dieu est extrêmement précieuse, délicate et fragile. Nous avons besoin de Dieu pour la maintenir en équilibre.
Étienne était plein de sagesse pour servir aux tables.

Rempli de puissance.
Étienne était rempli de puissance. Il est évident que lorsque l'on est rempli du Saint-Esprit on ne peut pas ne pas être rempli de puissance. Cela va ensemble. Est-ce que nous le croyons ?
Pour un prédicateur de l'évangile, cela nous paraît évident. Mais pour nous, pour chacun, le croyons-nous ? Croyez-vous que le Saint-Esprit puisse venir dans un cœur le changer, mais venir sans puissance en disant au nouveau converti « je ne peux rien faire pour toi » ?! Alors, sommes-nous remplis du Saint-Esprit ?
Au dernier jour de la fête des tabernacles qui avait duré 7 jours, Jésus se tenant debout s'écria : « Si quelqu'un a soif qu'il vienne à moi et qu'il boive. » Les personnes présentes qui venaient de festoyer pendant 7 jours ont dû se dire : « boire, mais nous sommes repus ! ». Mais ce n'est pas des boissons terrestres que Jésus parlait. Et de continuer « Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein. » D'où couleront ces fleuves ? De son sein. De notre sein. Du sein de celui qui vient à Jésus. De notre cœur. Si nous sommes remplis du Saint-Esprit, nous devenons une source. C'est ainsi.
Et ce n'est pas au douze apôtres, ni même aux 70 disciples que Jésus a dit cela, mais à toute l'assemblée présente à Jérusalem le jour de la Pentecôte, il a déclaré : « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit, survenant sur vous, et vous serez mes témoins » . Si je sais lire, et que je comprends ce que je lis, la plénitude du Saint-Esprit a pour objectif la puissance du témoignage. Non pour parler en langues, bien que le parler en langues en soit une conséquence, mais l'objectif est la puissance dans le témoignage, pour faire de nous des témoins efficaces, pour que des cœurs soient guéris et des âmes sauvées.
Recevoir le Saint-Esprit, être baptisé du Saint-Esprit, c'est être rempli de puissance pour le témoignage.

Rempli d'amour.

Enfin, Étienne était rempli d'amour. Relisons le texte au chapitre 7 des Actes : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! ». Alors que ses détracteurs, ses ennemis dirons-nous, le lapidaient, Étienne ne ressentait pas l'injustice dont il faisait l'objet. Il n'avait commis aucun crime à part celui d'annoncer Jésus. Il ne pensait pas à l'injustice ni aux souffrances, ni à se défendre, mais au sort éternel de ses propres bourreaux. Et il priait pour eux. Comme l'avait fait Jésus sur la croix . Et pourquoi demande-t-il cela ? Car il les aimait, il pensait à leur salut malgré la situation. Ceci est impossible sans la grâce de Dieu. Par cette même grâce, nous aussi nous pouvons prier pour ceux qui nous persécutent, se moquent de nous, nous regardent de travers, nous insultent car nous savons où nous allons, nous savons ce que nous faisons, nous savons ce que nous sommes. Dieu soit béni. Eux non, ils ne savent pas ce qu'ils font, où ils vont.
Proverbes 10.12 nous dit : « l'amour couvre toutes les fautes ». Même les fautes contre nous, à notre encontre ! On nous insulte, pardonnons. On nous critique, pardonnons. On nous frappe, pardonnons. On est injuste à notre égard, pardonnons. Parce que nous ne cherchons pas notre intérêt, mais celui de l'autre : son salut.
Et Paul de dire : « Maintenant, ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l'amour ; mais la plus grande de ces choses, c'est l'amour. » . En effet, lorsque Jésus sera revenu ou lorsque nous serons morts, la foi et l'espérance auront disparu : nous n'en aurons plus besoin puisque nous serons dans la réalité des choses célestes. Mais l'amour, demeurera éternellement car Dieu est amour. « Soyez remplis du Saint-Esprit » .
On ne peut pas être remplis du Saint-Esprit sans être remplis d'amour. Cela va de paire. Comme être remplis du Saint-Esprit et être remplis de puissance. Cette puissance est pour la gloire de Dieu, et la gloire de Dieu seul.
Être remplis du Saint-Esprit afin que l’œuvre de Dieu avance, dans notre cœur, dans notre vie et dans le monde.

Tu as été fidèle en peu de choses, tu as fait la joie de ton maître, alors je t'en confierai de plus grandes. Voilà la promesse attachée à cette instruction : soyons remplis du Saint-Esprit.


Rachid Bouchami, 20 janvier 2013 en l’église d’Aubagne.

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